Résumé historique du Bès


- Le Bez est un vieux village du Briançonnais (Hautes-Alpes, France), qui est devenu un des pôles de la station de Serre-Chevalier (Alpes du sud). Situé dans un élargissement de la vallée de la Guisane [01], face à l'est, contre la montagne, sur une petite butte entre des couloirs d'avalanches et un torrent quelquefois violent, il domine une petite plaine de terrains agricoles. A l'ouest, côté montagne, il est bordé par une magnifique forêt de mélèzes, de pins cembro et de pins à crochets.

- Le Bès est un ancien village, son église (Saints Fabien et Sébastien ) et les maisons voisines datant du début du XIVº siècle. L'entrée de l'église se fait par un portail ogival, joli, mais sévère, en marbre gris, supporté par deux sculptures représentant des personnages courbés sous le poids. Ses habitants, les "bsouris" ou "bsoulis" prononcent "Le Bès" qui était son vrai nom avant que, par erreur ou par malice, un cartographe de la fin du XIXº siècle supprime l'accent et remplace le s par un z. Ce nom de "bès", dérivé de "besse" qui veut dire torrent ou ruisseau ou canal en patois dérivé du Provencal est un rappel permanent de la menace de leur voisin, le torrent, qui peut-être très violent.

- Au XVIIº siècle, Le Bès atteint son maximum de population. Au moment de la Révolution française, il était un des villages importants des escartons briançonnais. Un de ses habitants, d'une vieille famille arrivée au début du XIIº siècle, Hyacinthe Marcellin Borel fut élu en 1792 à la Convention pour représenter le Briançonnais. Il y vota contre la mort du roi Louis XVI, car il était fondamentalement opposé à la peine de mort. " Quel est l'homme qui peut sans frémir condamner son semblable à la mort, qui lui en a donné le droit ?" écrivait-il dans sa jeunesse.

- Puis le Bès déclina. L'incendie du 12 juin 1892 ravagea complètement le village qui ne retrouva pas son activité précédente. De nombreux hommes morts pour la France au cours des diverses guerres et l'exode rural ramena la population à quelques foyers.

- En 1947, alors que la commune voisine de Saint Chaffrey commençait à étendre son domaine skiable datant de 1942, le premier téléski de la commune de La Salle les Alpes fut construit et exploité au Bès. Plus tard, l'alpinisme s'implanta avec une des premières maisons de l'U.N.C.M. (aujourd'hui U.C.P.A.). La Roche du Bez fut équipée pour les écoles d'escalade. Depuis, le Bès a participé pleinement au développement de la station de Serre-Chevalier, son aspect de vieux village ayant été préservé grâce aux municipalités successives du siècle dernier [11]. De nombreuses vieilles maisons ont été rénovées. La proximité du Parc National des Ecrins en fait un point de départ de promenades. Un chemin forestier estival et des remontées mécaniques hivernales permettent d'accéder à son village d'alpage de Fréjus. En partant à pied, plein ouest, il faut deux grosses journées de marche en haute montagne pour trouver une vallée habitée, soit La Bérarde, soit La Chapelle en Valgaudemar.


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